RDC : quand la parole dérange, la démocratie vacille

Les propos tenus par le vice-Premier ministre et ministre du Budget, Adolphe Muzito, sur une chaîne internationale continuent de provoquer une vive polémique au sein de la classe politique congolaise.

En affirmant que « l’ancien président Joseph Kabila ne doit pas être considéré comme un ennemi de la République démocratique du Congo » et en mettant en garde contre toute hypothèse d’exécution en cas d’arrestation, Adolphe Muzito a ouvert un débat sensible mais nécessaire dans un pays encore marqué par les fractures politiques.
Au lieu d’un échange républicain, responsable et contradictoire, ses déclarations ont déclenché une vague d’attaques politiques.

Des proches du régime de Kinshasa s’en prennent désormais frontalement au vice-Premier ministre du Budget, certains allant jusqu’à exiger sa démission. Une posture qui révèle une intolérance inquiétante face à la contradiction et au débat démocratique, pourtant piliers d’un État moderne.

Cette réaction traduit une dérive dangereuse : criminaliser la parole divergente et tenter d’étouffer toute voix qui refuse l’alignement aveugle. Dans une démocratie, exprimer une opinion politique, surtout lorsqu’elle appelle à la prudence et au respect de la vie humaine, ne devrait jamais être assimilé à une faute.

Dans un véritable État de droit, la justice ne peut être guidée ni par la vengeance politique ni par la clameur des extrêmes, mais par la loi, la responsabilité et le respect strict des principes républicains. Face à la tempête médiatique et politique, une seule exigence s’impose : laisser le vice-Premier ministre travailler dans le calme, au service de la République.

Nestor Fuluma.

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